Histoire d'Essaouira

Essaouira, provient de Al Souirah, soit la petite forteresse entourée de murailles.
Son histoire commence au VIIème siècle avant JC. Les phéniciens faisaient escale dans l’île de Mogador lorsqu’ils descendaient vers l’Afrique noire. Les romains y installent plus tard un centre de fabrication du pourpre ; ce colorant rouge vif qui donna son nom aux îles Purpuraires au large d’Essaouira.

Comptoir bouillant d'affaires en tous genres, Essaouira était donc fort convoitée, et ce depuis le VIIème siècle avant JC. La découverte de vestiges de céramique sur les îles de la baie de la ville confirme, en effet, la présence des phéniciens dans la région à cette époque. Mais ceux qui devaient marquer cette ville de leur empreinte, sont bel et bien les Portugais.

D'ailleurs jusqu'à la proclamation de l'indépendance du Maroc, Essaouira fut appelée, Mogador, probablement une traduction du Portugais de Amogdul. En tout cas, les livres pensent ainsi, et ils n'auraient pas tout à fait tort, dans la mesure précisément où le dignitaire d'Essaouira enterré à trois kilomètres de la ville, s'appelait Sidi Mogdul. Les portugais y élisent résidence dès le XVIème siècle, et c'est au début du XVIème siècle qu'ils y construisirent une forteresse qui allait conférer à la ville sa configuration spécifique.
Une forteresse tellement utile , qu'elle fut restaurée par Moulay Abdelmalek en 1628.

C’est finalement en 1764 que Sidi Mohamet Abdallah pour contrer l’essor grandissant d’Agadir décida de faire de l'ensemble de la ville de Mogador une cité fortifiée. Sidi Mohamet Abdallah confie à un architecte français Théodore Cornut, la responsabilité de l’édification des nouveaux remparts, la nouvelle ville à l’intérieur des remparts est ainsi protégée des éventuelles attaques de tribus insoumises et des pirates.
Cornut appartient à la tradition de Vauban, le maître de l'architecture militaire française. Il dessine une ville aux avenues rectilignes et l'entoure de fortifications.

La ville nouvelle sort de terre, la bourgade devient Essaouira, Al Souirah en Arabe ; " la bien dessinée ".
La médina d'Essaouira, construite un peu plus tard, présentera les même caractères d'urbanisme moderne et "géométrique".

Le Sultan mande alors des Juifs de tout le pays pour leur confier le négoce de la ville, fait venir des artisans de Fès, Salé et Marrakech et installe le gouverneur, les administrateurs, les consuls et les courtiers dans la kasbah.

La fortune ne tarde pas. Le Sultan a tôt fait de transformer sa jeune cité en une capitale rayonnante.

D'immenses caravanes de chameaux lui apportent les richesses de l'Afrique Noire : plumes d'autruche, ivoire, sel, poudre d'or, épices, sucres, tissus... qui seront ensuite acheminées vers l'Europe. Cela lui vaut le surnom exotique de " Port de Tombouctou ".

Vers 1860, la ville, en pleine prospérité, commence à s'étendre hors des murs.

Le XX ème siècle lui est moins favorable : les ports de Casablanca et d'Agadir la concurrencent fortement. Mais cela lui épargne les constructions sans grâce des grands ports modernes. Essaouira, intacte, n'a pas vu sa beauté dégradée.

Aujourd'hui, Essaouira est une ville de 70 000 habitants, chef lieu d'une province peuplée par environ 500 000 habitants, agriculteurs pour la plupart.

La pêche et l'artisanat restent les principales sources de revenus, mais grâce au tourisme et à l'activité qui en découle, Essaouira est résolument tournée vers l'avenir.

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